28.04.2021

Pascal Berillon : Sur le Bassin d'Arcachon nous refusons toujours le bétonnage

UN ELU - UNE ACTION
3 Questions à :
Pascal Bérillon
Vice-Président de la Communauté d’Agglomération du Bassin d’Arcachon Sud délégué à l’Habitat et à la Cohésion Sociale
Conseiller municipal délégué de La Teste-de-Buch (Gironde) en charge de l’Environnement et du Développement Durable

 

>> Sur le Bassin d'Arcachon vous avez axé votre dernière campagne municipales contre l'urbanisation excessive. Comment comptez-vous résoudre les obligations de la loi SRU (loi solidarité et renouvellment urbain) qui vous oblige à augmenter le nombre de logements sociaux sur votre territoire ? 
L’année dernière, nous avons gagné la mairie de La Teste-de-Buch avec une équipe portant les valeurs de la droite et du centre contre une municipalité sortante dans laquelle beaucoup ne se reconnaissaient plus. Nous avons, notamment, fait campagne contre des projets d’urbanisation excessive de secteurs arborés et pavillonnaires. Avec nous, les électeurs ont rejeté ce bétonnage.
Cependant, la Communauté d’Agglomération du Bassin d’Arcachon Sud doit relever un défi majeur : respecter les critères de la loi SRU en augmentant le parc de logements sociaux dans un environnement protégé où le foncier est rare et cher. Je suis en charge de cette politique.

Ce défi est d’autant plus crucial que l’Etat, en décembre dernier, a mis sous carence, les communes d’Arcachon, de La Teste-de-Buch et de Gujan-Mestras ainsi que d’autres agglomérations des côtes Basque et Charentaise parce que les quotas SRU n’étaient pas atteints au 31 décembre 2020. Aux côtés des trois maires impactés de notre territoire, j’ai défendu les communes en Préfecture de Région et en Comité Régional de l’Habitat et de l’Hébergement afin qu’elles soient le moins possible pénalisées.
D’ici 2025, il nous faudrait produire 4000 logements sociaux supplémentaires alors que le Bassin d’Arcachon n’a toujours pas de Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) et qu’il est impératif de respecter la loi Littoral et les zones sensibles. Autrement dit, l’Etat nous somme de résoudre la quadrature du cercle !
Afin de pallier les difficultés à construire de nouveaux logements sociaux et de contribuer à l’atteinte des objectifs SRU, je porte, pour l’intercommunalité, une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat (OPAH).

>> Et parallèlement, comment réussiez-vous a rénover le parc des logements sociaux existants ?
Les objectifs d’une OPAH sont l’amélioration du parc ancien de logements de propriétaires à revenus modestes à très modestes, en luttant contre la précarité énergétique, en adaptant le logement des personnes âgées ou en situation de handicap, en luttant contre l’habitat insalubre. Cette convention permettra aux ménages éligibles de bénéficier d’aides de la Communauté d’Agglomération, de l’Etat, de l’agence nationale de l’habitat et du Département. Pour la déployer, nous mettons en place dès maintenant un service Habitat afin de conseiller les propriétaires sur les aides et interventions possibles. En effet, la rénovation de notre parc de logements privés est une vraie nécessité. Avec l'OPAH nous améliorerons, qualitativement et quantitativement, notre parc de logements sociaux intégrables au contingentement SRU. Et, en cette période de relance économique, ce dispositif permettra aussi de donner du travail aux artisans et aux entreprises de notre territoire, des entreprises reconnues « garantes de l’environnement ». 

>> Votre agglomération compte beaucoup de résidences secondaires, quels moyens vous mettez en place pour préserver l’accession à la propriété sur votre territoire ?
Effectivement, le Bassin d’Arcachon est très recherché. Sur l’ensemble des quatre communes de l’agglomération du sud bassin, un tiers des logements sont des résidences secondaires. Le foncier est cher, le foncier se raréfie. Nous devons rendre le logement social acceptable par toute la population. Nous devons lever des préjugés. Le sujet est sensible. Dès lors, là où des projets immobiliers sont soit engagés, soit prévus, nous souhaitons satisfaire au mieux les habitants de notre secteur en recherche de logements. En effet, comment encourager l’emploi local si des actifs, et notamment les jeunes, sont obligés de s’éloigner de leur lieu de travail pour trouver un logement abordable ?
Afin de mieux répondre aux attentes et aux inquiétudes, l’un des leviers sur lequel nous travaillons avec les bailleurs sociaux est le Bail Réel et Solidaire (BRS). Véritable outil d’accession à la propriété pour les ménages modestes, il se caractérise par deux points : le bailleur social est propriétaire du sol, l’accédant à la propriété acquiert la jouissance du bâti. Chaque commune du territoire souhaite promouvoir ce dispositif.

>> Les questions environnementales sont aussi au cœur de vos préoccupations, comment les intégrez-vous à vos projets ?
Nous avons été élus précisément parce que nous refusions le bétonnage. C’est pour cela que la politique de logements sociaux doit s’équilibrer entre des programmes immobiliers neufs et l’aide au parc ancien. Dans le respect du PLU de chaque commune, les programmes immobiliers doivent préserver le végétal. Beaucoup sont déjà de plain-pied ou R+1 afin de mieux s’intégrer à notre environnement remarquable.

Pour suivre Pascal Bérillon :
Twitter : @pascal_berillon

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