25.09.2020

Sénatoriales : interview croisée de nos principaux candidats

Avec

Sonia de la Provôté,
sénatrice sortante et tête de liste d'Union de la Droite et du Centre "Unis pour le Calvados"

Hervé Maurey,
sénateur sortant, président de la Commission de l'aménagement du territoire et du développement durable et tête de liste dans l'Eure "Unis pour nos communes et la ruralité"

Catherine Morin-Desailly,
sénatrice sortante, présidente de la Commission de la Culture, de l'Education et de la Communication, Liste "La Seine-Maritime, une passion commune"

Loïc Hervé,
sénateur sortant, secrétaire de la Commission des Lois, tête de liste Union Centriste en Haute-Savoie

Jean Hingray,
maire de Remiremont dans les Vosges

Claude Segond,
maire de Mézel dans les Alpes-de-Haute-Provence

 

>> Quelles sont les principales préoccupations des élus rencontrés au cours de votre campagne ?

Catherine Morin-Desailly : Les élus nous ont souvent évoqué leurs craintes de la perte de l’autonomie financière de leur collectivité. Alors que les dotations ont connu une baisse sous le quinquennat de François Hollande (- 11 milliards) et qu’il reste des incertitudes sur le remplacement de la taxe d’habitation, je serai extrêmement vigilante, lors de la prochaine loi de finances et lors des débats de la loi 3D, à ce que soit garantie l’autonomie financière et fiscale de nos collectivités. Il ne peut pas y avoir de décentralisation si les collectivités n’ont pas les moyens de leurs actions. 

Hervé Maurey : Les élus du département de l’Eure sont très inquiets pour leur commune, leurs inquiétudes portent sur leurs moyens financiers à la suite de décisions récentes du Gouvernement (suppression de la taxe d’habitation et des impôts de production, diminution des emplois aidés, suppression de la réserve parlementaire,…) mais aussi inquiétudes concernant les conditions d’exercice de leur mandat (effritement des pouvoirs du maire, absence de respect de ces décisions, agressions envers les élus, risque d’engagement de leur responsabilité, impossibilité de délivrer des permis de construire du fait des règles de défense incendie,…)

Loïc Hervé : Oui, de plus, j’ajoute qu’en tant que rapporteur en charge du budget des collectivités locales, je sais qu’il sera essentiel, dans le cadre du Plan de relance et du contexte financier, de faire des collectivités des acteurs de la relance. Ce n’est pas la seule préoccupation que j’ai relevé pendant cette campagne, en effet, la nécessité de différenciation et de décentralisation est partagé par tous les élus, l’État est attendu au tournant avec le projet de loi 3D.

Sonia de la Provôté : La crise sanitaire a démontré une nouvelle fois le rôle primordial des élus de proximité, et mis en lumière les nombreuses solutions trouvées par les maires avec les élus départementaux et régionaux. Ils nous ont demandé de bien défendre l’équilibre entre les territoires ruraux et urbains car l’équité territoriale est une exigence démocratique. Il souhaitent que soient confortées les valeurs et la présence de la République en veillant à ce qu’aucun territoire ou citoyen ne soient oubliés des politiques et des services publics.

Claude Segond : Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus que j’ai rencontré s’inquiètent beaucoup de la complexité, de la lenteur de l’administration ainsi que de la perte d’autonomie qui en découle. Mais le plus préoccupant pour eux, ce sont les difficultés à boucler le budget de leur commune.   

Jean Hingray : Comme le disent Catherine Morin-Desailly et Claude Segond, il y a chez les élus l’absolue nécessité de reconquérir une réelle décentralisation. La suppression progressive de la taxe d’habitation ne les a pas rassurés.

 

>> Quel a été votre principal thème de campagne et/ou la thématique qui vous a démarqué de vos concurrents pendant cette campagne ?

Hervé Maurey : La liste que je mène défend réellement la ruralité. Elle est à son image. Mes colistiers, tous maires, sont représentatifs de l’Eure, dont 80% des communes ont moins de 1000 habitants. Les idées que nous défendons sont inspirés de ces rencontres : supprimer l’inégalité en matière de DGF entre communes urbaines et rurales, mieux protéger les maires des agressions qui ont augmenté de près de 20% en un an, trouver une solution réaliste au problème d’inapplicabilité des règles de défense incendie et je me réjouis que, à cet égard, Gérard Larcher ait décidé de porter le débat au niveau de la délégation aux collectivités territoriales du Sénat.

Loïc Hervé : Nous avons fait campagne sur plusieurs thèmes, une décentralisation écologique, une réforme de la santé, une ville inclusive, mais également sur la démocratie locale vivante. Mes colistiers et moi-même sommes convaincus qu’il faut combler le fossé entre l’envie d’engagement et la remise en cause des institutions démocratiques, y compris sur le plan local, pour cela nous avons prôné une meilleure reconnaissance des élus locaux dans leurs fonctions et leurs responsabilités. 

Catherine Morin-Desailly :  En Seine-Maritime nous avons, avec mes collègues Agnès Canayer et Pascal Martin, avant tout fait campagne dans l’union qui s’est imposée des forces constructives de la majorité sénatoriale. C’était attendu par les élus, en raison du contexte et des difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Portant les couleurs de notre département aux multiples enjeux, et dans le cadre du plan de relance, nous entendons nous impliquer pour permettre aux collectivités territoriales d’apporter des réponses adaptées aux acteurs économiques, culturels, sociaux …

Sonia de la Provôté : Avec la liste d’union de la Droite et du Centre que j’ai l’honneur de conduire dans le Calvados, nous avons avant tout choisi de répondre au défi urgent d’écrire cette nouvelle page de la décentralisation tant attendue et nécessaire car la connaissance et les forces vives sont bien sur le terrain ! La proximité est une exigence de démocratie et d’efficience. Il faut créer une nouvelle relation entre l’État et les collectivités locales. Un nouveau modèle à inventer, certes, à rebours des habitudes très centralisatrices de notre pays trop administré, qui va nécessité de la part de l’État de lâcher une part de pouvoir sans que ce soit à contrecœur, en ne gardant pas une main sur la bride et l’autre sur le bâton: une coopération telle et équilibrée qui redonne aux élus locaux les moyens d’agir.

Jean Hingray : J’ai principalement fait campagne sur la volonté de solidariser la cohésion et le rassemblement des élus Vosgiens pour faire éclore tous ensemble une véritable voie d’avenir pour les Vosges autour d’un projet partagé qui nécessite de mettre en œuvre tous les leviers de la démocratie participative.

Claude Segond : J’ai surtout abordé dans mes montages des Alpes-de-Haute-Provence la problématique du Loup. J’ai donc défendu le pastoralisme qui façonne nos paysages et les entretient, toujours dans l’objectif de permettre la réalisation de projets au plus près des habitants.

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