19.03.2020

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‪La priorité est de ne plus adresser de messages contradictoires aux français. La priorité c’est l’épidémie et des risques de croissance considérables du nombres de personnes infectées. C’est cela l’enjeu, garder les équipes municipales 3 mois de plus n’est pas dramatique. HERVÉ MORIN

 

 

RAPPEL INTERVIEW DU POINT avec  samedi 14 mars 2020 

Le Point : Pourquoi appelez-vous au report des municipales ?

Hervé Morin : Depuis les déclarations du chef de l'État jeudi, l'anxiété des Français avait déjà passé un cap. Avec les mesures annoncées ce samedi soir par Édouard Philippe, elle est désormais à son comble. Une partie de nos compatriotes ne se rendront pas dans les isoloirs demain. On veut coûte que coûte maintenir des élections dont on sait déjà que le résultat sera faussé. Il y a même quelque chose de choquant à tenir un scrutin alors que l'on conseille aux Français de ne plus déjeuner en famille et qu'on a fermé les restaurants où ils se seraient peut-être rendus dimanche. Soyons cohérents !

La démocratie doit-elle plier devant les risques sanitaires ?

Le report des municipales ne va pas bouleverser la démocratie française. Les maires élus en 2001 ont effectué un mandat de sept ans au lieu de six pour éviter que les élections de 2007 n'entrent en collision avec la présidentielle. Personne n'avait crié au déni de démocratie. Le mandat des précédents présidents de région a été réduit de 9 mois sans que nul n'y trouve à redire. La démocratie locale est plus mise en danger par le coronavirus et des élections faussées que par un report de quelques mois.

Comment imaginez-vous le second tour de ces élections ?

Si j'ai bien compris la vitesse de propagation du virus, le scrutin du dimanche 22 mars est inorganisable ! Il est désormais temps de s'en rendre compte et de ne surtout pas sombrer dans de la basse politique. Ne pas se poser cette question, c'est être irresponsable. Le parallélisme des courbes italiennes et françaises était connu depuis jeudi. Ne commettons pas la même imprudence pour le second tour.

Imaginez-vous que le président puisse mettre en œuvre l'article 16 de la Constitution et s'attribuer des pouvoirs spéciaux ?

Avant cela, il peut décréter l'état d'urgence, qui correspond mieux à la situation dans laquelle on est aujourd'hui. Cette disposition offre plus de garanties, car elle ne peut être prolongée que par une loi, et devra donc recevoir l'aval du Parlement.

Irez-vous voter ?

Oui. J'irai même tenir un bureau de vote de 12 heures à 14 heures à Épaignes dans l'Eure où j'habite. Par respect pour ceux qui vont voter.

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