11.12.2016

Motion adoptée par le Congrès extraordinaire

La victoire de François Fillon à  la primaire de la droite et du centre a été sans appel. Cette victoire est celle de la probité, de la vérité et du courage. François Fillon n’a cédé sur rien, a tenu bon, face à une campagne de second tour très hostile, caricaturant ses propos. Plusieurs centaines d’élus du Nouveau Centre et aussi des Bâtisseurs de l’UDI ont soutenu François Fillon pour ce second tour de la primaire. C’était un choix de conviction à plusieurs titres. Pour l’homme car il correspond à notre engagement dans la vie politique : rester fidèle à une ligne et à des valeurs qu’elles soient ou non dans l’air du temps. Pour son programme dans lequel nous nous retrouvons très majoritairement, avec le constat que nous faisons de la situation sociale et économique de notre pays. La majorité des réformes qu’il défend figurent dans le programme élaboré par Les CENTRISTES et les Bâtisseurs, et adopté lors du Conseil national du 1er octobre dernier. Oui, comme François Fillon, nous souhaitons pour la France :

  • un Etat fort dans ses compétences régaliennes associé à des territoires de liberté dotés de compétences leur permettant d'être des acteurs essentiels de la transformation du pays.
  • la lutte impitoyable et sans relâche contre le terrorisme
  • une politique de l’offre (fiscalité en faveur de l’investissement des entreprises, temps de travail, seuils sociaux, hausse de la TVA et baisse massive des cotisations sociales);
  • la construction d’une gouvernance intégrée de la zone euro;
  • la réduction de la dépense publique ;
  • l’harmonisation, voire l’unification des régimes de retraite ;
  • la réforme profonde de l’école ;
  • une nouvelle politique étrangère ;
  • la réduction du nombre de parlementaires.

N’oublions pas que le centre puise ses racines dans le libéralisme, la démocratie chrétienne, le radicalisme c’est-à-dire dans un humanisme véritable : notre soutien à François Fillon est donc naturel. Ce n’est pas un hasard si Valéry Giscard d’Estaing, le dernier président de la République centriste, a lui aussi soutenu la candidature de François Fillon. Il a jugé comme les millions d’électeurs de la primaire qu’il avait la hauteur indispensable pour gouverner la France, et lui faire jouer un rôle majeur dans l’Europe et dans le monde.

Faisons en sorte aussi que la victoire de François Fillon porte un coup d’arrêt au Front National, et plus largement aux populismes et à l’extrémisme. Si les Français veulent dire non à la gauche et à François Hollande, ils veulent dire non aussi à la démagogie et à la haine. Car oui, bien sûr, il existe un chemin entre l’errance absolue des socialistes et l’hérésie économique et sociale du programme de Marine Le Pen. Le programme de François Fillon est exigeant mais il est surtout réaliste, adapté aux enjeux de demain, bâtisseur d’une société plus unie et plus confiante. Son projet est une réponse aux inquiétudes, aux interrogations, aux souffrances sociales, et donc au populisme des extrêmes.

Quant à l’UDI, la primaire de la droite et du centre a malheureusement révélé au grand jour sa gouvernance pour le moins hasardeuse. Rien ne nous aura été épargné au cours de cette primaire :

En mars, sans candidat centriste, il fut décidé que l’UDI ne participerait pas aux primaires. Et les instances de l’UDI, adoptèrent aux 2/3 cette motion.

Début septembre, les adhérents de l’UDI découvrent que notre parti pourrait partir en campagne avec Emmanuel Macron sans le moindre débat, sans la moindre consultation. On nous annonçait en fait un changement pur et simple de nos alliances traditionnelles et que ces primaires, par voie de conséquence, n’étaient pas les nôtres. Cette position a induit en erreur une centaine de jeunes UDI qui ont décidé, de fait, de soutenir Emmanuel Macron.

Quelques semaines avant le premier tour, les sondages en faveur d’Alain Juppé provoquaient un nouveau changement de cap de l’UDI qui lui apportait son soutien, sans que le parti soit consulté. Certains d’entre nous l’ont aussi soutenu, ou ont soutenu d’autres candidats. Ils ont été respectés au sein de notre parti.

Après tant de revirements, il nous revient à nous élus et militants du Nouveau Centre et des Bâtisseurs de bâtir un pilier solide et loyal à la future majorité ; sans évoquer l’idée d’un contrat de législature, un marchandage politique qui n’aurait pas de sens après une primaire ayant désigné un candidat par 4,5 millions d’électeurs et dont l’idée même est contraire à la Vème République, nous contribuerons à l’approfondissement du projet présidentiel : sur l’Europe, sur une politique sociale juste, sur la culture, sur l’environnement, sur la réduction de la dépense publique, par exemple. Oui, nous apporterons notre sensibilité et nos propositions pour gagner ensemble en mai prochain.

L’objectif est de gagner les présidentielles mais également les élections législatives. Dans cette optique, il faut trouver un accord sur deux principes concernant les élections législatives :

  • le principe d’une candidature unique de la droite et du centre dans chaque circonscription électorale ;
  • le principe d’un équilibre des candidatures entre les différents courants politiques soutenant François Fillon.

Oui, nous serons les gardiens des engagements pris devant les Français: gardiens de l’ambition qu’a François Fillon de réussir la transformation de notre pays. Si Les CENTRISTES a approuvé dès l’origine l’innovation démocratique que constitue la primaire, c’est précisément pour que le candidat désigné ait ensuite toutes les cartes en main, à commencer par le soutien durable de sa majorité, pour tenir les engagements qu’il aura pris pendant la campagne. La France est un pays plus difficile à réformer que bien d'autres (comme l'Allemagne), car une partie de nos compatriotes est purement et simplement dans le rejet de l'économie de marché. Il faudra donc une majorité large et beaucoup de solidité de la part de ceux qui en feront partie.

Aujourd’hui, Les CENTRISTES et les Bâtisseurs décident de s’unifier dans un nouveau parti politique au sein de l’UDI. Ce parti aura pour nom « Les Centristes ». Il portera les valeurs historiques de notre famille politique : l’Europe politique, l’économie de marché régulée, l’équilibre des comptes publics, la croissance par nos territoires ; un développement harmonieux respectant la planète et les hommes ; l’équité et la justice par l’école et l’accès de tous à nos régimes sociaux dans des règles harmonisées.

Oui, nous nous engagerons pour cinq ans avec la même solidité politique que pouvaient avoir des hommes comme Valéry Giscard d'Estaing ou Raymond Barre. Nous n'avons pas vocation à être les Cécile Duflot de la majorité de demain.

Les Centristes, nouvelle formation politique rassemblant Les CENTRISTES et les Bâtisseurs posent les bases d’une nouvelle formation politique, en affirmant les conditions de son maintien dans l’UDI :

1. La ligne politique de l’UDI doit être décidée démocratiquement au sein des instances.  Elle doit être claire et cohérente avec nos valeurs.

2. La collégialité des décisions doit s’organiser, par exemple avec un contrat de gouvernance interne, dans une instance composée des Présidents des partis de l’UDI et des Présidents des groupes parlementaires.

3. L’autonomie de chaque parti fondateur de l’UDI doit être garantie, réaffirmée et respectée. L’UDI devra modifier son organisation en s’inspirant du confédéralisme de l’UDF.

4. La transparence, le pluralisme doivent prévaloir dans l’organisation, l’administration et la gestion de l’UDI.

5. Le Conseil de la Présidence s’assurera de l’unicité du dialogue entre François Fillon et l’UDI.

6. Nous soutenons François Fillon et le programme avec lequel il a été élu.  Ce n’est pas contradictoire avec notre volonté d’approfondir, améliorer et préciser le programme qui sera présenté aux Français.

7. Les Centristes rappellent leur attachement à l’alliance politique avec Les Républicains. Tout changement d’alliance politique conduirait inévitablement à une sortie de l’UDI.

8. Le Congrès fondateur donne tout pouvoir au COMEX pour décider de notre départ de l’UDI si toutes les conditions de notre appartenance à l’UDI ne sont plus respectées.

C’est sur ces conditions à notre maintien dans l’UDI et sur la création de ce nouveau parti que nous vous demandons de vous prononcer.

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