01.06.2019

Hervé Morin : "La droite et le centre doivent s'adresser à la totalité des Français."

Suite à la déception des élections européennes, Hervé Morin a souhaité qu'une réunion pour la reconstruction d'un projet de la droite et du centre soit mise en place. Dans un entretien au Parisien, il salue l'initiative de Gérard Larcher et veut bâtir avec lui et un large panel de personnalités une alternative à Emmanuel Macron.

 

Le Parisien : Vous avez accepté de vous rendre mardi prochain à la réunion initiée par Gérard Larcher pour reconstruire un projet de la droite et du centre. Pourquoi ?

 

Hervé Morin : Je n’ai pas simplement accepté cette réunion, je l’ai souhaitée. Bien avant le scrutin, je faisais partie de ceux qui voulaient que quelqu’un puisse avoir l’autorité pour mettre autour de la table celles et ceux qui sont éloignés aujourd’hui de la maison de la droite et du centre. Il faut se remettre en question et bâtir un schéma qui permette de durablement redresser le pays et dans lequel on puisse incarner une alternative.

 

L’objectif est de construire un nouveau parti politique ?

 

Est-ce que ça doit prendre la forme d’un parti ? D’une confédération de partis, comme pouvait l’être l’UDF du temps de sa splendeur ? Ou simplement d’une plate-forme politique ? Cela fait partie des questions. Pour ma part, j’en parlerai au sein des instances de mon parti, Les Centristes.

 

Mais quelle est votre position à vous ?

 

Je pense qu’il faut aller vers un modèle qui soit, dans un premier temps, confédéral. Aller au-delà serait aujourd’hui compliqué. Gérard Larcher est la bonne personne pour être le pilote de cette structure collégiale dans la mesure où on ne lui prête pas d’ambition présidentielle. Sur le fond, la droite et le centre doivent être capables de s’adresser, par un projet politique nouveau, à la totalité des Français. La droite n’est pas simplement identitaire. Elle est aussi capable d’être écolo, urbaine, populaire.

 

C’est-à-dire qu’elle peut être tout ce que Laurent Wauquiez n’incarne pas ?

 

Il ne faut pas que l’on rentre dans des combats de personnes. Le sujet, c’est créer les conditions de la collégialité, du rassemblement et recréer un discours politique dans lequel tout le monde puisse se retrouver.

 

La confédération que vous appelez de vos vœux peut-elle se faire avec Wauquiez à la tête de LR ?

 

Je ne suis pas LR. Je vais leur laisser le soin de régler cette histoire entre eux. Moi, je n’ai eu aucun souci durant la campagne européenne avec son discours sur l’identité européenne. Mais notre propos ne peut pas se résumer à cela.

 

Les personnalités de votre famille politique qui ont soutenu LREM, comme Jean-Pierre Raffarin, ont-elles vocation à participer à cette confédération ?

 

Je souhaite que l’on n’exclut personne. Il faut dire aux Français qu’il y a une autre alternative à Macron et Le Pen, une alternative à une gestion du pays centralisée et technocratique d’une part, une alternative à un discours populiste de l’autre. On ne la bâtira qu’en mettant tout le monde autour de la table, quels que soient les parcours parfois un peu sinusoïdaux des uns et des autres.

 

Peut-on vraiment représenter une alternative à Emmanuel Macron au centre alors que lui-même y mord allègrement ?

 

Je pense, et c’est une différence que j’ai avec Laurent Wauquiez, que l’alternative se fera dans un spectre politique qui sera relativement proche de celui de Macron. Les Français veulent une économie sociale de marché. Mais une élection présidentielle, c’est d’abord un homme. Or, je pense qu’Emmanuel Macron souffre d’une image profonde d’insincérité pour les Français.

 

Vous parlez d’incarnation. Comment justement désigner le candidat de votre famille politique à la présidentielle ?

 

Il faudra une primaire ouverte. Nous avons des hommes et des femmes de talent largement capables d’incarner une alternative.

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